mardi 21 mai 2013

Zona Frigida

Zona frigida

Anne B. Ragde

 
Synopsis:
 
Qu'est-ce qui a bien pu pousser Bea, jeune caricaturiste branchée de 35 ans, à s'inscrire pour une croisière à destination des terres du Grand Nord ? La croisière, d'abord : un concept plutôt destiné au Troisième âge et pas à une célibataire croqueuse d hommes comme elle... La destination, ensuite : le Svalbard, dite « Zona frigida », aux confins septentrionaux de la Norvège, ne constitue pas un territoire des plus accueillants. On prétend même qu'il y fait si froid que tous les animaux sont devenus blancs... Autant dire que la présence de Bea sur ce cargo a de quoi susciter la curiosité de ses compagnons de route.
Si la jeune femme a prétexté auprès de ses proches le besoin de rompre avec son quotidien, il apparaît rapidement que ses motivations sont tout autres : Bea a des comptes à régler avec son passé et ce voyage devrait lui permettre de repartir à zéro. La croisière d'agrément va vite se transformer en cauchemar pour certains passagers...
 
 
Mon avis:
 
Après avoir lu plusieurs livres d'auteurs scandinaves (K. Alvtegen, A. Paasilinna et K. Mazetti, entres autres), mon choix s'est porté sur Anne B. Radge. Je ne connaissais pas cette écrivaine, mais j'ai vu que sa "trilogie des Neshov" avait eu un grand succès. Par curiosité, je me suis donc procurée son dernier opus. J'ai une affection particulière pour la Scandinavie, après avoir passé quelques jours à Helsinki et ses environs, et j'espère pouvoir découvrir un peu plus les pays du Nord dans le futur!
 
Autant dire tout de suite que j'ai adoré ce roman! Pour commencer, le personnage principale, la narratrice Bea est un peu agaçante il faut l'admettre, mais je l'ai trouvée super attachante et drôle. On sent qu'elle est torturée par un secret et se noie dans l'alcool pour "oublier". Ensuite, j'ai apprécié l'ambiance du voyage et les passagers que l'on découvre au fur et à mesure  de la croisière. Mais je pense que ce que j'ai préféré, ce sont les paysages! Cela peut paraitre bizarre dans un livre sans images, et pourtant Radge décrit si bien l'atmosphère de cette region de l'extrême Nord. Je me suis aidée de google images, pour être sûre que mon imagination ne faisait pas fausse route! Ce roman baigne dans une atmosphere de calme, de silence, de paysages magiques. Je ne l'ai pas trouvé ennuyeux du tout, et l'intrigue nous mène à un dénouement inattendu...
 
Ma note: 10/10
 
 
 

mardi 23 avril 2013

Fais de beaux rêves, mon enfant

Fais de beaux rêves, mon enfant

Massimo Gramellini


Synopsis

A neuf ans, Massimo Gramellini se retrouve orphelin. Sa mère, atteinte d’un cancer, meurt d’une crise cardiaque, et son père, inconsolable, le confie rapidement à une gouvernante indifférente. Massimo grandit sans amour, convaincu que sa mère l’a abandonné, et devient un adolescent tourmenté en proie au doute et à la culpabilité. Privé d’affection dès l’enfance, il est incapable d’entretenir avec les femmes des relations durables. Alors, il raconte des histoires. D’abord à ses camarades de classe, auxquels il fait croire que sa mère travaille pour une entreprise de cosmétiques indienne, afin d’expliquer son absence. Il devient ensuite journaliste sportif, puis reporter de guerre, et acquiert une grande notoriété dans le milieu, jusqu’à devenir le vice-président du quotidien La Stampa. Tandis qu’il enchaîne les déceptions amoureuses, il commence à écrire de petits récits partiellement autobiographiques où il réinvente la mort de sa mère. C’est à cette époque qu’une amie de cette dernière entreprend de lui révéler les véritables circonstances de cette disparition. Comment pardonner leurs faiblesses aux êtres que nous aimons, alors qu’elles entraînent des souffrances inguérissables ?


Mon avis:


Ce livre est LE succès littéraire italien de l'année 2012. Me trouvant de passage en Italie, j'ai acheté ce livre par curiosité. Massimo Gramellini est un journaliste très connu en Italie, surtout grâce à son passage hebdomadaire dans une émission télevisée très populaire. Je suis ravie de voir qu'il a été traduit en français et qu'il vient de sortir. Et j'espère qu'il touchera les lecteurs francophones autant qu'il a ému les italiens.
 
Dans ce roman, Gramellini retrace certains événements de sa vie, et comment il a essayé de grandir après la mort de sa mère et l'absence d'une figure maternelle. Massimo nous raconte sa relation avec son père, un homme qui ne savait pas vraiment comment faire pour s'occuper d'un petit garçon et qui parlait peu. Il nous décrit aussi sa relation avec les autres, et le manque d'affection qui le hante. Il va devenir un adulte à qui il va toujours manquer quelque chose, meme si peu à peu le souvenir de sa mère s'estompe. Jusqu'au jour où il va apprendre la vérité sur la mort de sa mère, une vérité difficile qui lui a été cachéepour éviter une souffrance plus grande.
 
J'ai vraiment été profondément touchée par ce récit. L'écriture de Gramellini est simple, fluide. Il nous décrit ses sentiments, avec une grande sensibilité sans rien cacher. Il nous ouvre son coeur comme peu d'hommes le font. En tant que maman d'un petit garçon, j'ai été émue par cette histoire, par cet enfant qui grandit sans l'amour maternel et qui en souffre. C'est un petit bijou littéraire plein d'émotion. A lire.
 
Ma note: 10/10

mercredi 17 avril 2013

L'éléphant s'évapore


L'Eléphant s'évapore

Haruki Murakami

Synopsis
Une curieuse digression sur les kangourous. Un éléphant qui se volatilise. Un nain diabolique qui danse. Ou une jeune fille " cent pour cent parfaite ". A travers ces dix-sept nouvelles, petits contes anodins de notre quotidien, Haruki Murakami entraîne son lecteur dans une dimension parallèle à l'imaginaire délicieusement drôle et bizarre, au fil d'un Japon nostalgique et moderne à la fois. Farouchement zen et férocement fantastique, l'auteur déploie encore une fois son art magistral, et nous montre qu'il sait comme personne comment transfigurer la banalité de nos existences.

Mon avis:
Je suis une adepte inconditionelle de Haruki Murakami, après avoir lu "Danse, Danse, Danse" il y a quelques années, et qui est probablement mon livre préféré de cet auteur japonais. C'est donc avec un grand plaisir que je me suis plongée dans ce recueil de nouvelles. J'ai un peu buté sur la première, ce qui m'a fait laisser le livre un peu de côté... Mais dès que j'ai attaqué la suivante, je ne l'ai plus laché jusqu'à la fin!
Le monde de Murakami est assez particulier. On retrouve des narrateurs singuliers dans leur vie quotidienne, qui peut paraître sans intérêt. L'auteur a pourtant l'art de décrire ces gestes anodins et les rendre uniques et spéciaux. Et l'air de rien, on se retrouve entrainé dans un univers absurde et fantastique sans que cela paraisse bizarre. Une femme au foyer qui ne dors plus jamais, un éléphant qui disparait, un couple qui attaque une boulangerie: voici les personnages et situations que l'on peut rencontrer dans ce livre.
J'ai adoré découvrir ces petites histoires, de vraies perles! Son écriture est toujours aussi agréable, poétique et fluide: on a l'impression de flotter entre chaque mot... Du Murakami en format condensé, je dit oui! Pas le temps de s'ennuyer, et on est vite plongé dans cette atmosphère magique. Il n'y a pas forcément une vrai fin à ces petites histoires, ce qui nous laisse parfois songeurs...
Ma note: 10/10

Les fleurs d'Hiroshima

Couverture Les fleurs d'Hiroshima


 


Les fleurs d'Hiroshima 


Edita Morris


Synopsis
 
Un jeune Américain, employé par une compagnie de navigation, loue une chambre dans une famille japonaise. Rien de plus simple. Mais cette histoire se passe à Hiroshima. Et, peu à peu, malgré la pudeur, la fierté et le stoïcisme de ses hôtes, Sam découvrira un à un les secrets des survivants de la bombe : les souvenirs affreux d'une nuit unique dans l'histoire de l'humanité et la peur de l'avenir. Enfin, tout parle de la mort atomique jusqu'aux fleurs blanches qui, pour honorer les disparus, descendent le cours du fleuve. Plus jamais Hiroshima.

 
 
Mon avis:
J'ai trouvé ce petit roman un peu par hasard, en cherchant quelque chose à lire sur le Japon. Je n'ai pas été déçue. Cette histoire est simplement triste. Il n'y a pas de juste mot pour exprimer le sentiment que procure cette lecture, quand on pense que les atrocités décrites ont réellement été vécues par les victimes de la bombe d'Hiroshima.
 
On découvre le courage du peuple japonais, et cette habitude de cacher les sentiments et leur souffrance. On y retrouve également leur sens de l'hospitalité unique. Notre narratrice fait de tout pour cacher les souffrances de sa famille, afin de ne pas rendre le séjour de son hôte "désagréable". Il va pourtant découvrir la vérité, qui va profondément le toucher, en tant qu'homme et en tant qu'américain "responsable" de ce massacre.
 
Le roman m'a bouleversée. J'admire le courage et la dignité du peuple japonais qui ne se plaint jamais et qui va de l'avant malgré tout. On a pu le voir récemment lors du Tsunami en 2011. Ils ont remontés leurs manches, ont déblayés les débrits et reconstruit. J'ai également découvert le triste sort des survivants de la bombe atomique, leurs maladies et la façon dont ils ont été traités par les nouveaux habitants d'Hiroshima. Comme des  pestiférés. C'est une lecture vraiment triste mais absolument essentielle à mon avis pour voir de quoi l'Homme est malheureusement capable.

 



mercredi 20 mars 2013

Barrage sur le Nil

Barrage sur le Nil 

Christian Jacq


 
Synopsis
Un monstre. Un monstre gris et froid de 42 millions de metres cubes. Un monstre qui menace l'Egypte et ses monuments de mort lente mais certaine. tel est le haut barrage d'assouan contre lequel l'égyptologue américain Mark Walker combat depuis des années.

La découverte d'une très anciénne prophétie prédisants un cataclysme l'incite à redoubler ses efforts au moment même où il va se marier. Mais sa fiancée est victime d'un attentat...
Le monde de Mark Walker bascule alors dans la violence intégriste qui, comme le barrage, menace de détruire l'Egypte. Ballotté par les vagues d'une réviloution en marche, manipulé par des hommes de l'ombre, refusant de se laisser aveugler par l'amour, Mark Walker recherche obstinement la vérité qu'on veut lui cacher.

Une vérité qu'il n'a que trente jours pour découvrir s'il veut sauver l'Egypte.
 
Mon avis:
 
Grande fan de Christian Jacq, entre autre de la saga "Ramsès", et de l'Egypte que j'ai la chance de visiter il y a 10 ans, je suis contente d'avoir lu un nouvel ouvrage de cet auteur. C'est probablement un des moins connus, ce qui a attisé encore plus ma curiosité.
 
Attention, amis lecteurs, ne vous fiez pas aux apparences: ce livre est rempli d'événements inattendus! Premièrement, on pourrait penser que l'action se déroule dans la région d'Assouan et du barrage, mais une grande partie des événements ont lieu au Caire. Contrairement aux autres romans de Jacq, l'histoire n'est que très peu centrée sur l'Egypte, son histoire, ses monuments et son patrimoine. Par contre, on se retrouve plongé dans un univers sombre d'espionnage, d'agents secrets, de complots, de terrorisme et ceci jusqu'au sommet du gouvernement. Notre héros, le pauvre, se trouve plongé dans ce tourbillon malgré lui, suite à l'attentat subit par sa fiancée. Il va donc tout faire pour découvrir la vérité en laissant tomber son travail de "spécialiste" du barrage. Mais le barrage aura une place fondamentale dans notre intrigue jusqu'à la fin! Sinon, le livre n'aurait pas été nommé ainsi...
 
J'ai été surprise par cette lecture, ce n'était pas ce à quoi m'avait habituée Christian Jacq. J'ai pourtant trouvé qu'il se débrouillait très bien de ce registre différent. J'ai par contre trouvé un peu tiré par les cheveux tous les malheurs qui arrivent à notre héros. Cela fait vraiment beaucoup! Ce qui m'a un peu dérangé aussi est que tous les personnages rencontrés sont difficiles à cerner et jusqu'à la dernière page (oui oui!) on ne sait pas qui sont les "gentils" et les "méchants". Mais ça rend aussi le récit palpitant et la fin est... grandiose.

mardi 19 février 2013

Sleeping arrangements

Des vacances inoubliables

Madeleine Wickham (Sophie Kinsella)


Synopsis

La redécouverte des premières œuvres d'une romancière connue aujourd'hui sous le nom de Sophie Kinsella.
Un régal de comédie, désopilante et grinçante à souhait. Dans sa boutique de couture, Chloé rêve de partir en voyage avec ses deux fils et son compagnon, Philip. Aussi, quand un ami leur prête sa luxueuse villa en Andalousie, s'empressent-ils d'accepter cette offre tombée du ciel ! Piscine, farniente, sieste : rien de tel pour oublier tous les soucis. Malheureusement, une surprise de taille les attend à leur arrivée.
 
Amanda et Hugh, un jeune couple stressé, leurs deux petites filles et une invraisemblable baby-sitter couverte de piercings ont déjà investi les lieux... La cohabitation s'annonce délicate, d'autant que Hugh et Chloé ont jadis vécu une grande passion qu'ils se sont bien gardés de révéler à leurs conjoints... Et voilà comment des vacances de rêve pourraient bien tourner au cauchemar...


Mon avis:

Voici un des romans de Sophie Kinsella, publié sous son vrai nom Madeleine Wickham. Pour la petite histoire, le nom de Sophie Kinsella vient de son deuxième prénom et le nom de jeune fille de sa mère (merci Wikipédia!). Comme tous ses livres, je l'ai lu en version originale, ça me déculpabilise un peu de lire du chick-lit!

Pourtant, je dois avouer que  ce livre est beaucoup moins chick-lit que la série des "shopaholic". Il n'y a pas toutes ces références à la mode et moins de prises de têtes de fille. J'ai trouvé ce roman assez différent du style habituel de Kinsella. C'est une histoire de couples bien installés avec des enfants, à la limite blasés après toutes ces années ensemble. Ces deux familles se retrouvent en vacances dans la même villa en Espagne, et le double réservation n'est pas un hasard car deux des personnages se connaissent très bien... Je ne vais pas en dire plus.

L'intrigue est assez bien ficelée, même si j'ai trouvé l'histoire assez improbable... Mais c'est de la fiction, donc tout est possible! On ressent très bien la tension dans chaque couple, et entre les deux couples. Chacune des familles à besoin de se retrouver et de retrouver le bonheur d'une vie de famille et de couple épanouissante. Cependant, les événements vont rendre ces vacances très compliquées et très peu relaxantes... Seuls les enfants semblent en profiter.

C'est une petite histoire sympathique, à lire tranquillement pour se vider la tête. On va de surprise en surprise et c'est juste un moment de lecture agréable. C'est aussi une opportunité de découvrir une autre facette de Sophie Kinsella.

jeudi 7 février 2013

3096 jours

3096 jours

Natascha Kampusch

 

Synopsis
Natascha Kampusch a vécu le pire : le 2 mars 1998, à l'âge de dix ans, elle est enlevée sur le chemin de l'école. Pendant 3096 jours, huit ans et demi, son bourreau, Wolfgang Priklopil, la garde prisonnière dans une cave d'environ cinq mètres carrés, près de Vienne.
En août 2006, elle parvient à s'enfuir par ses propres moyens. Priklopil se suicide le jour même.
Dans ce récit bouleversant, Natascha Kampusch révèle les circonstances de son enlèvement, le quotidien de sa captivité, sa terrible relation avec son ravisseur et la façon dont elle a réussi à survivre à cet enfer.
Le témoignage unique d'une traversée de l'inimaginable par une jeune femme qui ne s'est jamais laissé briser.
 
Mon avis:
Nous connaissons tous l'histoire de l'enlèvement de Natascha Kampusch, séquestrée depuis l'âge de 10 ans et jusqu'à ses 18 ans. Mais avant la parution de ce livre, nous ne connaissions pas sa version des faits. J'étais très intriguée par cette jeune fille et par son histoire. De plus, et c'est mon point de vue personnel, après ce qu'elle a vécu j'estime qu'elle "mérite" de vendre des livres et d'avoir une vie la plus facile possible...
 
C'est un livre triste. Un témoignage bouleversant, poignant, mais très triste. On arrive pas à imaginer qu'une petite fille de 10 ans ait pu vivre loin des siens et tenir le coup. Natascha a grandi sous l'emprise de cet homme complètement dérangé et fou. Et elle a tout fait pour tenir le coup. C'est une petite fille, une adolescente et finalement une femme très courageuse qui nous fait ses confidences. Les conditions de détention sont terribles et le ravisseur est abominable. Et pourtant c'est la seule personne à qui elle peut se raccrocher, pour essayer de survivre. Avec le temps, elle se rebelle de plus en plus et en subit les conséquences. Jusqu'au jour où elle trouve la force de s'enfuir...
 
Je conseille ce livre car c'est vraiment un témoignage saisissant. Mais ce n'est pas du tout une lecture légère, on en ressort chamboulé. Elle a même été parfois difficile, je n'avais pas le courage de reprendre la suite. Le plus frustrant c'est que la police est allée interroger le ravisseur au sujet de la disparition, mais n'a pas poussé les recherches plus loin. Enfin, Natascha s'en est sortie toute seule, et c'est ce qui compte. Elle a fait preuve d'un courage et d'une force incroyables.